Notre vision : La pérennité passe par des coopérations alternatives

A l'image des tyrannosaures, toute organisation, quelque soit sa taille, peut un jour disparaitre. Le risque est d'autant plus grand quand le profit est la seule finalité et le court terme l'horizon lointain.

La pérennité d'une organisation dépend en bonne partie de l'intégration plus ou moins forte dans sa stratégie de 4 dimensions : l'humain, l'économie, la société et l'environnement.

Pour chaque dimension, elle peut s'apprécier  en fonction du niveau de coopérations alternatives créées avec les collaborateurs, l'administration et les pouvoirs publics, les fournisseurs, les organismes financiers, les clients, les enseignants et les chercheurs, les journalistes, les organisations syndicales et professionnelles, les organisations non gouvernementales et associations.

C'est l'aptitude à respecter chaque personne, la considérer comme une source autonome d'énergie, d'initiative et de créativité, qui crée de la motivation et distingue une équipe d'une somme d'individualités.

Nous pensons que l'Etat et la multiplicité des organismes qui le constituent est le premier responsable du développement économique et social. Il doit à ce titre se doter de moyens efficaces intervenant dans le cadre d'une politique à long terme. Il est aussi le garant des règles du jeu.

Les rapports entre un fournisseur et son client doivent être basés, dans une optique de collaboration à long terme, sur la connaissance des politiques et des moyens spécifiques à chacun ainsi que sur une confiance réciproque, confiance indispensable pour qu'un dialogue s'établisse et conduise à une bonne connaissance et compréhension des caractéristiques originales des deux partenaires dont l'objectif commun, la satisfaction du consommateur et l'extension du marché, doit primer.

Face aux problèmes du financement et des garanties, il nous semble essentiel que les organismes financiers fassent évoluer leurs critères d'appréciation, en misant moins sur le passé et plus sur les potentialités, avec une vision globale. Les banquiers et assureurs ont un rôle majeur qui sera d'autant plus reconnu qu'il sera assumé pleinement.

Les besoins, désirs, attentes des clients évoluent sans cesse et sont aussi influencés par le marketing et les politiques commerciales. Ils ne correspondent pas toujours aux besoins, désirs et attentes des citoyens. Les entreprises pérennes seront celles qui réussiront à créer pour leurs clients un nouveau type de produits qui ne sont ni des biens, ni des services, mais des nouveaux services incorporant des biens, permettant de réconcilier l'économie, avec l'humain, la société et l'environnement.

Il faut privilégier un enseignement correspondant aux vrais problèmes et aussi intéresser les instituts de recherche aux problèmes concrets, contribuer à la création et au développement d'équipes mixtes spécialisées associant entreprises et labos de recherche, privilégier une pédagogie active et personnalisée où l'on développerait des stages dans les entreprises. Le corps professoral ne doit pas craindre de confronter ses théories avec des professionnels, bien au contraire.

Le rôle des journalistes est très important, notamment pour délivrer l'information exacte au moment voulu. Dans ce sens, ils contribuent à l'épanouissement des hommes et des femmes. Leur action sera d'autant plus efficace qu'ils auront accès à une information de qualité et objective, dont ils auront le souci. Leur apport dans les domaines de l'innovation et la prospective peuvent largement contribuer au progrès.

La nécessité d'une structure de dialogue et de représentation du personnel n'est toujours pas encore aujourd'hui reconnue à sa juste valeur.  La formule "on a les syndicats qu'on mérite" se révèle souvent juste. L'enjeu n'est pas de faire le bilan des déboires mais bien au contraire de rechercher des accords possibles. Toute organisation doit ainsi préciser de façon simple quels sont ses buts, puis ses contraintes. Elle doit aussi définir sa politique à l'égard du personnel et en programmer l'évolution de telle sorte que l'accroissement des charges qui en découle ne mette pas en cause sa pérennité. Il serait aussi certainement souhaitable, dans l'intérêt général, que toute organisation syndicale soit pleinement consciente du fait économique, qu'elle recherche avant tout à représenter les intérêts du personnel avant de poursuivre des buts politiques.

Les organisations professionnelles cohérentes et puissantes sont nécessaires pour éviter notamment toute duplication et l'éparpillement des ressources.

Les associations et organisations non gouvernementales doivent pouvoir créer de l'altérité, pointer du doigt les dysfonctionnements, émettre des recommandations et contribuer à la recherche de solutions. Encore faut-il les écouter et tenir compte de leurs points de vue afin de progresser.